Cette année, la Chrysler Pacifica a connu de substantielles modifications après plusieurs années de statu quo. Par contre, la plateforme et les composantes mécaniques sont plus ou moins de retour, sans vraiment de modifications majeures. À l’exception de l’abandon de la motorisation hybride. Ce qui n'est pas un problème en soi, puisque la version précédente en donnait pas mal au chapitre de l'agrément de conduite et de la polyvalence.
Il faut souligner au passage que ce constructeur s'y connaît en fait de fourgonnette. Enfin, c'est
lui qui a inventé cette catégorie au début des années 80 et a enflammé le marché pour ce type de véhicule. En fait, l'ingénieur Ron Sperlich , autrefois de chez Ford, tentait de convaincre son employeur de développer une fourgonnette à roues motrices avant et destinée à une utilisation familiale. Chez Ford, on disait que c'était impensable et que ce type de véhicule devait
nécessairement être une propulsion et surtout à vocation commerciale.
Une fois chez Chrysler, il a convaincu la direction de produire cette fourgonnette. Appelée Autobeaucoup,baptisée Magic Wagon chez les anglophones, elle a enflammé le marché. À tel point que tous les constructeurs sérieux ont été dans l'obligation d'offrir une réplique identique ou similaire. De nos jours, la tendance s’est orientée vers les VUS, mais n'empêche que quatre constructeurs continuent d'offrir ce type de véhicule et Chrysler demeure toujours l'un des plus
importants concurrents dans ce domaine. Et si la Pacifica est la version plus luxueuse, il ne faut pas oublier la Grand Caravan, une exclusivité canadienne qui se démarque par un prix très compétitif et un équipement passablement étoffé. Et, bien entendu, elle aussi, assemblée au Canada.
Reste à voir maintenant si les modifications effectuées sur la Pacifica sont suffisantes pour lui permettre d'affronter une concurrence quand même assez affûtée.
Extérieur modifié. Statu quo à l'intérieur.
Lorsqu'on veut modifier un véhicule qui est demeuré sans changement majeur pendant des années, la logique dicte de modifier l'extérieur de façon significative. Cette fois, les stylistes nous en mettent plein la vue, avec une section avant totalement repensée. On y retrouve une grille de calandre très mince où trône dans son centre l'effigie de Chrysler redessinée. À chaque extrémité sont placés des phares de route rectangulaires disposés en échelle allant du plus long en partie supérieure et du plus bas en partie inférieure.
C'est très stylisé et donne du caractère à l'ensemble. Soulignons également la présence d'une large prise d'air en partie inférieure. Par contre, la section centrale de la caisse est demeurée pratiquement inchangée. Une chose à souligner, toutes ces modifications esthétiques n'ont pas augmenté la perception visuelle de ce véhicule. Au contraire, il apparaît visuellement parmi les plus petits de sa catégorie, bien que son habitabilité soit très généreuse.
La section arrière a également été redessinée et on y trouve une bande relativement étroite parcourant la section arrière, d'un côté à l'autre. Celle-ci est noire pour contraster. Et on retrouve également le badge Chrysler en plein centre. L'habitacle revient plus ou moins inchangé, à l'exception de plusieurs modifications afin d'utiliser un matériel de meilleure qualité. On retrouve devant le pilote un écran de 9 pouces pouvant être modifié à volonté, mais dont les cadrans indicateurs de vitesse et le compte tours ont une présentation de cadrans traditionnels. Au centre, intégrée dans la planche de bord, on retrouve un écran tactile de 10,1 pouces. Géré par le
système Chrysler Uconnect 5 toujours aussi simple à opérer.
Au centre de la partie inférieure de la planche de bord, on retrouve un module permettant de
gérer la climatisation, les différents modes de conduite et également les pavés de commande pour passer d'un rapport à l'autre. C'est simple et efficace.
Mais ce qui démarque la Pacifica de la concurrence, c'est son fantastique système de gestion des sièges, Stow’n Go qui permet de rabattre dans le plancher les sièges de la seconde rangée et la banquette de la troisième. Tout se range en un tour de main et on peut ainsi avoir une capacité
de chargement de 3964 litres
Les responsables du développement ont également mis l'emphase sur l'info divertissement. Par exemple, on retrouve deux écrans de 10 pouces placés à l'arrière des sièges avant et ils sont gérés de multiples façons. Et on retrouve même la gestion par l'intermédiaire de Fire Stick. Et il y a même une caméra intérieure qui permet de visionner les passagers arrière ou toute autre activité qui pourrait s'y dérouler.
Motorisation traditionnelle
Si on a joué deprudence dans les modifications esthétiques et laisser l'habitacle presque intact, il n'était certainement pas question de prendre le risque de faire appel à une motorisation qui n'a pas été éprouvée de façon sérieuse. Il n'est donc pas surprenant de retrouver l'incontournable moteur V6 de 3,6 litres sous le capot est associé à une boîte automatique à 9 rapports. Ce duo permet d'obtenir des accélérations correctes, 0-100km/h en 8,2 secondes, et une économie de carburant quand même acceptable compte tenu du type de véhicule et de la puissance du moteur qui est de 287 chevaux, tandis que la capacité de remorquage est de 3 600 livres.
À usage, ce moteur est doux, souple, et correspond bien au besoin d'une fourgonnette appelée à
déplacer plusieurs personnes à la fois, sans oublier que nombreux sont les occupants qui pourraient voyager avec des bagages relativement lourds. Ce type de moteur convient davantage, lorsque lourdement chargé, qu’un moteur quatre cylindres de faible cylindrée, qui doit alors travailler plus fort et donc consommer davantage.
Il est quelque peu ironique de souligner que Chrysler vante son Pacifica d'être le seul modèle
offrant les caractéristiques Stow’nGo à proposer un rouage intégral. Il s'agit d'une la palissade, puisque ce modèle est le seul sur le marché à proposer le Stow’nGo! Soit dit en passant, Chrysler a toujours été reconnu pour ses communiqués de presse redondants. C'est ainsi qu'à une certaine époque, lorsqu'on parlait d'un cendrier, on le désignait comme étant un réceptacle à cendre soit dit en passant.
Mais ce qui est important, c'est que le rouage intégral est efficace et pas simplement sophistiqué sur le plan technique. Géré par un système électronique, il permet de découpler les roues arrière lorsque la situation n'exige pas une utilisation aux quatre roues. Ceci permet de réduire la consommation de carburant, bien entendu. Soulignons au passage que la consommation de carburant observée a été de 10 l/ 100 km.
Impressions positives
La dernière fois que j'avais conduit une Pacifica, c'était il y a plusieurs années, même avant
l'épidémie de COVID, alors que je m'étais dirigé à son volant à une présentation de Chrysler à Portland dans le Maine. Grâce à son moteur hybride, j'avais obtenu une consommation de carburant d'environ 6 l/100km, et le confort et le comportement routier étaient des éléments positifs, si je me souviens bien.
Après quelques kilomètres au volant de la nouvelle génération du Pacifica, j'ai été impressionné par la précision de la direction, de son agrément de conduite et de son silence de roulement. De plus, comme sur toutes les fourgonnettes, une position de conduite, de domination de la route, est toujours un élément positif.
C'est un véhicule familial pouvant déplacer toute la famille, les animaux domestiques et tout le matériel exigé par les activités sportives des membres de la famille, que ce soient les adultes comme les enfants. De plus, notre véhicule d’essai était une version S, dotée d'un habitacle luxueux, et possédant de multiples éléments permettant de brancher différents appareils, tandis que les réceptacles de storage abondaient.
Dans sa publicité télévisée, Chrysler vante la Pacifica comme étant assemblée au Canada et étant
la fourgonnette la moins chère sur le marché. Ces deux arguments sont valables, mais il ne faut pas oublier qu'il s'agit d'un véhicule agréable à conduire, éminemment pratique et, je l'espère, proposant une fiabilité améliorée.