Revenir au site


Toyota 4 Runner, costaud mais civilisé

Texte et photos par Denis Duquet

29 septembre 2026

Le 4 Runner n'est pas le plus élégant des Toyota, mais il est suffisamment élégant pour intéresser les personnes voulant rouler surtout sur la route et être au volant d'un véhicule quatre roues motrices capable d'en découdre dans les pires conditions.

Il existe plusieurs variantes de ce modèle. Notre véhicule d'essai était la version TRD Off-Road,
animé par un moteur hybride, que Toyota a baptisé i-Force Max. À lire ce titre, on s'imagine un puissant moteur à cylindres en V, mais on verra un peu plus loin que la chanson est plus forte que la réalité.

Bande à part

Il faut admettre que les stylistes de ce constructeur ne se sont pas inspirés de la concurrence.
Celle-ci tente de nous intéresser par des silhouettes plus ou moins conventionnelles où les rondeurs sont de mise. Dans le cas qui nous intéresse, le volume des tôles est amplifié avec de multiples changements sur les parois latérales, sur les ailes avant et arrière, tandis que la section avant est démarquée par une grille de calandre quand même imposante, qui repose sur une
poutre de couleur de très grande ampleur, accentuant ainsi le caractère agressif de ce modèle tout terrain.

En plus, pour donner plus de caractère à la silhouette, les feux arrière sont surdimensionnés et en relief, tandis qu'en bas de caisse, à chaque extrémité de la carrosserie, on trouve des protubérances assez marquantes. On continue les tendances de style de ce constructeur sur plusieurs modèles à vocation pratique.

La même philosophie d'indépendance par rapport à la concurrence se manifeste dans l'habitacle. Par exemple, alors que la majorité des concurrents proposent un écran tactile de 12,3 pouces, celui du 4 Runner est de 14 pouces. En outre, les commandes de la climatisation sont gérées par des commutateurs de couleur grise, tandis que des boutons conventionnels gèrent le volume de la radio et de la syntonisation des postes. Et on ne saurait critiquer cette approche puisque ce véhicule pourrait être appelé à circuler hors route dans des conditions assez agressives et il sera apprécié de pouvoir maîtriser les multiples commandes, sans trop de problèmes.

La présentation générale est orientée par le caractère éminemment pratique de ce véhicule. On retrouve notamment des espaces de rangement dans les portières qui sont ajourées au cas où l'on devrait y déposer des objets qui seraient mouillés ou souillés.

Comme c'est de coutume chez ce constructeur, la qualité de la finition est impeccable, tandis
que les sièges revêtus d'un tissu plus résistant que la moyenne sont passablement confortables. Il faut souligner également l'habitabilité qui est correcte, mais sur la version à motorisation hybride, la troisième rangée de siège n'est pas disponible. Présence de la batterie oblige.

Cette présentation intérieure cible bien la vocation de ce véhicule qui est surtout conçu pour
être utilisé dans des conditions de conduite assez extrêmes, mais qui ne renonce pas non plus à offrir une sophistication quand même avancée et un niveau de confort correct.

Hybride ou conventionnel ?

L'acheteur potentiel de ce véhicule a le choix entre deux motorisations. En bas de gamme, faut-il le
dire, il y a le moteur 4 cylindres thermique. Il s'agit d'un moteur 4 cylindres turbocompressé, d'une puissance de 218 chevaux et un couple de 317 livres pied. Il est associé à une boîte automatique
à 8 rapports. Mais il aurait été impensable que Toyota ne propose pas une motorisation hybride, ce qu’il a fait. On a conservé le même moteur 4 cylindres de 2,8 litres, mais on l'a associé à une motorisation électrique qui porte de la puissance à 326 chevaux et le couple à 465 livres-pieds. Ce moteur est plus puissant que l'ancien moteur V6 qui équipait le précédent 4 Runner. Il est également associé à une boîte automatique à huit rapports, dont le fonctionnement ne se prête à aucune critique.

Mais ce qui est intéressant dans ce modèle, dont la suspension est spécialement conçue pour la
conduite hors route, notamment en raison d’amortisseurs Bilstein, c'est la capacité de gérer de façon électronique le rouage d’entraînement intégral pour se sortir de conditions difficiles. Il faut préciser qu'il s'agit d'un rouage 4X4 à temps partiel que l'on gère par l'intermédiaire d'un gros bouton de gestion placé sur la console centrale. Il faut également souligner que le différentiel arrière peut être verrouillé.

Sur la version Off-Road, le véhicule est doté d'une plaque de protection afin de protéger le moteur et certains autres éléments en partie antérieure. Toutefois, plusieurs autres éléments critiques ne sont pas protégés, ce qui explique pourquoi on retrouve sur le marché des accessoires de multiples propositions pour installer les mesures de protection pour différentes composantes mécanique, afin de pouvoir mieux profiter des capacités hors route du 4 Runner.

De bonnes manières

On est en droit de s'interroger sur les qualités routières d'un véhicule dont la plateforme est
empruntée à la camionnette Tacoma et dont la suspension est surtout orientée vers la conduite sur des routes ou des sentiers presque impraticables. De plus, pour accentuer la robustesse ou l'impression de robustesse, il faut lever la jambe passablement haut pour prendre place à bord.

Il faut heureusement souligner qu'au fil des dernières années, ce tout-terrain aux dimensions passablement imposantes s'est amélioré en fait le comportement routier. La suspension est passablement confortable, la direction plus précise qu'auparavant, tandis que les prestations du moteur hybride sont plus intéressantes qu'avec la version exclusivement thermique. De plus, la transmission automatique à huit rapports effectue du bon travail, même si entre le premier et le second rapport, il y a parfois un temps d'hésitation à peine perceptible.

Il est évident que les 326 chevaux de la version hybride assurent des accélérations plus nerveuses
et également son couple imposant est un atout en conduite hors route. Le temps d'accélération observé a été de 7,2 secondes pour boucler l'incontournable 0-100 km/ heure. Quant à la consommation observée, elle a été légèrement inférieure à 10 litres aux 100 km, ce qui est
quand même plus que correct compte tenu du poids et des dimensions de ce véhicule.

Qui achète ?

Il est certain qu'une personne désireuse de se procurer un véhicule utilitaire de cette dimension ne
doit pas nécessairement se tourner vers le 4 Runner dont la vocation de véhicule de tout terrain, plus ou moins spécialisé, ne convient pas nécessairement aux besoins d'une famille désireuse de rouler dans un véhicule confortable et essentiellement conçu pour la route. Pour ces gens, un
Highlander ou un Grand Highlander serait plus approprié.

Par contre, la personne qui roule fréquemment sur des sentiers secondaires en plus ou moins en
bonne condition, qui fréquente les pourvoiries et les ZEC est un candidat idéal. Et bien entendu, la motorisation hybride est un plus, même s'il faut payer un prix assez élevé pour cette motorisation.