Le Cherokee a toujours été un élément important dans la gamme Jeep, son agilité en conduite hors route et une grande polyvalence lui ont valu une certaine popularité. Cette année, ce modèle nous revient complètement transformé Après un hiatus de trois ans. et on peut affirmer qu'il s'agit d'une amélioration notable. Il faut préciser que seule la version hybride traditionnelle est commercialisée, Stellantis ayant abandonné la production de moteurs hybrides rechargeables qui ont connu beaucoup d'ennuis au cours des dernières années.
Il faut en quelque sorte féliciter Jeep d'avoir pris le temps de reconfigurer ce modèle, le rendant plus spacieux, plus écologique, tout en conservant les qualités intrinsèques de tout modèle Jeep qui se respecte.
Du caractère
Si les stylistes qui ont concocté le Grand Cherokee ont semblé avoir une certaine retenue quant à la silhouette en la rendant plutôt anonyme et discrète, en ce qui concerne le Cherokee, les designers ont montré un peu plus d'audace. Les formes sont plus marquées, certains éléments ont des angles un peu plus aigus, afin d'accentuer le caractère plus rugueux, plus aventurier de ce modèle.
En plus, les dimensions ont fortement augmenté, puisque le véhicule est plus long de 12,7 cm, tandis que l'empattement a progressé de 9,4 cm. Ce qui fait de ce modèle l'un des plus spacieux sur le marché, proposant ainsi un habitacle plus grand et une capacité de rangement plus grande. Cela permet donc à Jeep de vanter les capacités de ce modèle en comparaison avec la majorité des concurrents qui doivent concéder quelques centimètres ici et là.
Mais il n'y a pas que la silhouette et les dimensions plus généreuses qui ont été modifiées. On retrouve une certaine audace dans l'habitacle, alors que la première chose qui saute aux yeux est ce volant, doté d'un boudin très gros, trop aux yeux de certains, et d'une forme équarrie qui fait vraiment bande à part. Incidemment, nombreux ont été les analystes qui ont critiqué ce volant , jugeant son boudin trop volumineux et sa forme carrée plus ou moins intéressante.
Personnellement, je suis en désaccord, puis je crois que ce volant se prend fort bien en main et la forme relativement carrée n'influence en rien la conduite. Incidemment, plusieurs modèles sportifs ont des volants plus ou moins similaires et personne ne s'en plaint.
Contrairement à la tendance actuelle qui place l'écran tactile en superposition de la planche de bord, celui du Cherokee est intégré et ses dimensions de 12,3 pouces sont dans la moyenne. Par ailleurs, face au conducteur, un autre écran de 10,25 pouces affiche l'indicateur de vitesse, le
compte tours et une multitude d'informations qui sont programmables. On retrouve sur l'écran principal le système Uconnect reconnu pour sa simplicité et son efficacité. Il est à la hauteur de la réputation de ce système. Quant aux commandes de climatisation, elles sont placées immédiatement sous l'écran d'affichage, c'est simple et on s'y retrouve facilement. D'ailleurs, cette
configuration est adoptée par plusieurs autres modèles proposés par des marques concurrentes.
Un détail : le bouton de démarrage du moteur est placé sur la console centrale, tout comme le
bouton rotatif de commande de vitesse.
Un seul choix
Au cours des années précédentes, Stellantis a connu sa part de difficulté avec sa motorisation
hybride branchable. On a donc opté pour la sagesse, et cette fois, le Cherokee est propulsé par le premier moteur hybride auto-rechargeable proposé par son constructeur en Amérique. Ce quatre cylindres de 1,6 litre produit 210 chevaux et 250 livres-pieds de couple. Il est associé à une boîte automatique à rapports continuellement variables, contrôlée électroniquement.
Il est vrai que certains ont souligné que cette motorisation pourrait proposer une cinquantaine
de chevaux supplémentaires, ce qui serait apprécié lors de manœuvres de dépassement ou d'intégration à une autoroute, par exemple. Par contre, si vous conduisez de façon conventionnelle, sans solliciter inutilement la pédale d'accélération, vous allez bénéficier d'une consommation moyenne d'environ 6,3 litres au 100 km, c'est certainement ce que recherchaient les ingénieurs
affectés au développement de ce moteur. Il faut souligner qu'en conduite normale, la sonorité de ce quatre cylindres est dans la moyenne. Cependant, si vous accélérez de façon agressive, la sonorité un peu gutturale va envahir l'habitacle.
Opinions partagées
Dans le cadre du dévoilement de ce modèle, les personnes présentes qui ont essayé ce nouveau
venu ont proféré des opinions partagées. Pour les uns, c'était un véhicule routier bien adapté, mais pas nécessairement doté de caractéristiques destinées à une conduite hors route. Pour d'autres, on déplorait le fait qu'il s'agissait d'un modèle capable d'en découdre avec les pires sentiers, mais décevant sur la route. Personnellement, suite à mon essai, je crois que les gens de Jeep ont
réussi un bon compromis entre un véhicule qui est agréable dans la conduite de tous les jours et qui est en même temps capable de se débrouiller fort bien lorsque les conditions routières se détériorent.
Ce n'est pas un Wrangler, certainement, mais une garde au sol plus élevée de 8 pouces et un rouage intégral sophistiqué devraient faire l'affaire dans la grande majorité des cas En conduite normale, les accélérations et les reprises du moteur sont correctes. Par contre, si vous êtes ferru d'accélération plus musclée, ce moteur vous désappointera. Bien entendu, la direction pourrait être plus précise, mais ce qui est un défaut sur la route devient un atout en conduite hors route, comme c'est toujours le cas.
Encore là, quant au confort de la suspension, les avis sont partagés. Certains trouvent que c'est trop ferme, d'autres aimeraient un peu plus de fermeté. Bref, l'unanimité ne semble pas se dessiner. Personnellement, sur le modèle essayé, le Cherokee a quand même bien négocié les conditions
déplorables des routes du Québec. Cela n'est certainement pas un irritant majeur, bien qu'en certaines circonstances, un choc brutal face à une bosse, m'a surpris. Toutefois, si on contemple l'ensemble du comportement, la voiture est neutre en virage, le roulis est plus ou moins prononcé et bien contrôlé, tandis que la suspension, se tire fort bien d'affaires la majorité du temps.
Force d'admettre que les ingénieurs de la division Jeep ont accompli du bon travail, tout comme les stylistes, qui ont donné du caractère à la carrosserie. Sur la route, ce véhicule est relativement agréable à conduire. La consommation de carburant est faible pour la catégorie. Et l'agrément de
conduite est correct. Donc, autant d'éléments qui pourraient influencer les acheteurs de façon favorable.
Mais il y a un mais
Tout dépendra de la fiabilité de ce modèle et de sa motorisation hybride qui fait ses débuts sur le marché. Depuis des années et des années, la marque est toujours classée parmi les moins recommandés en fait de fiabilité. D'ailleurs, dans les versions précédentes de certains modèles Jeep, la motorisation hybride rechargeable a connu sa part d’ennuis., ce qui ne comprenait pas le Cherokee qui était absent du marché. Espérons que cette nouvelle version hybride auto rechargeable du Cherokee fera oublier le passé.