Mémoires de chars

Volvo S40 au Camp Yakima

Salut les militaires !

Texte : Denis Duquet,

· Histoire automobile,Histoire de chars
broken image

Lors de la présentation de la Volvo S40 de première génération dans État de Washington en 1995, je naviguais et Luc Gagné était mon pilote. Comme c’est la coutume dans ce genre de présentation, nous suivions une route destinée à nous permettre de découvrir les qualités routières de cette suédoise. À proximité de la ville de Yakima, j’ai immédiatement fait l’association avec la marque de supports de toit de tout acabit. Mais, j’ai rapidement découvert qu’il y avait autre chose dans cette région.

Je pourrais affirmer que les indications routières qui nous avaient été fournies n’étaient pas tellement faciles à déchiffrer, mais ce serait mentir. J’ai tout simplement eu une crampe au cerveau et dit à Luc de continuer tout droit au lieu de  tourner à droite et prendre l’autoroute. 

 

Avec pour résultat que nous nous sommes présentés à l’entrée de la base militaire de Yakima. Comme cela se produit parfois dans ce genre d’événements, on nous fait parfois traverser des endroits relativement originaux afin d’optimiser notre expérience de conduite. Je ne me suis donc pas douté une seconde que nous faisions fausse route. Croyant donc que nous allions traverser cette base, d’autant plus qu’à la guérite d’entrée nous avons même été salués par le militaire qui en contrôlait l’accès. Ce dernier a eu une certaine hésitation, mais nous étions dans une voiture qui n’était pas encore distribuée aux États-Unis, qui était de couleur relativement neutre et qui était occupée par deux personnes portant une casquette qui avait l’air de provenir  de stocks militaires. C’est sans doute la raison qui nous a permis de ne pas être interceptés.

broken image
broken image
broken image
broken image

Mais une fois dans le camp, nous nous sommes retrouvés en pleine manœuvre militaire. Des hélicoptères nous survolaient, d’autres soldats tiraient du mortier à notre gauche tandis que nous suivions un camion plein de soldats. Nous pouvions bien croire que Volvo avait fait l’impossible pour nous impressionner, mais là c’était vraiment trop. Malgré tout, je me demandais s’il n’y avait pas une sortie à l’autre extrémité de cette route, sortie qui nous permettrait de retrouver le monde civil. Malheureusement, une fois à l’autre extrémité du camp, il n’y avait pas de sortie. Je m’étais fourvoyé. Et pas à peu près !

broken image
broken image

Je me suis alors tourné vers Luc et lui ai dit : « On tourne de bord puis on décr…. au plus vite et sans s’arrêter! ». Tout en espérant que nous ne serions pas interceptés dans notre fuite vers la sortie. Heureusement, il y a un Bon Dieu pour les navigateurs distraits et nous avons pu quitter le camp sans ennui. Pourtant, sur le chemin du retour, nous avons croisé plusieurs autres véhicules militaires dont les occupants nous ont jetés des regards inquisiteurs, mais sans plus.

Il aurait été tout de même assez cocasse de devoir téléphoner aux gens de Volvo pour leur dire que nous étions dans une geôle militaire pour avoir circulé sans autorisation dans le cadre de manœuvres militaires. Je remercie Luc d’avoir résisté à la tentation d’immobiliser la voiture pour prendre quelques clichés avec un arrière-plan, les véhicules militaires, des soldats et même quelques pièces d’artillerie.

Une fois revenus à notre site de départ, nous avons raconté notre étourderie aux responsables de Volvo qui bien ri de notre aventure. Mais je ne suis pas certain qu’ils auraient eu la même attitude si la voiture avait été confisquée et ses occupants emprisonnés.

Et nous n’étions pas au bout de nos peines, puisqu’au retour, on devait faire escale à Chicago pour rallier notre correspondance vers Montréal. Mais, à mi-parcours, notre avion a tourné en rond pendant au moins deux heures puisqu’il y avait un violent orage dans la ville des vents. Avec pour résultat que lorsque nous avons atterri, notre avion pour Montréal avait quitté les lieux depuis fort longtemps. Nous avons passé la nuit assis sur un banc d’aéroport en attendant le départ de notre avion, départ prévu à 6h30 du matin.

Et après cette entrée en scène, cette Volvo S40 a connu des succès mitigés. Pas besoin de se demander pourquoi après un tel lancement.

broken image