Nissan Rogue PHEV

Presque du pareil au même

Texte et photos par DENIS DUQUET

· Essais Routier

Si vous croisez sur la route un véhicule qui ressemble de près à un Mitsubishi Outlander et qui arbore un écusson Nissan, vous n'avez pas la berlue. En effet, pour 2026, le constructeur Nissan n'avait aucun véhicule hybride à proposer dans la catégorie des VUS compacts, une option de plus en plus populaire. Il y a bien une nouvelle génération du Rogue prévu pour 2027, mais il n'y avait rien pour 2026 et on s'est alors tourné vers le partenaire Mitsubishi, dont le Outlander PHEV est
l'une des références de la catégorie. Pourquoi dépenser des millions et des millions pour tenter de commercialiser un véhicule pour quelques mois, alors que, une année plus tard, le Rogue complètement transformé sera mis sur le marché ?

Et même si Mitsubishi vend moins de véhicules que son partenaire Nissan, il faut souligner que ce
constructeur a investi de fortes sommes pour développer son système hybride rechargeable. Nissan n'a rien à envier à la concurrence en adoptant cette politique.

Identification et similitude

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Puisque ce projet n'est que pour une durée d'une année, du moins en théorie, il aurait été inutile d'apporter d'importantes modifications à la carrosserie. Modifications qui auraient haussé la facture de façon importante. Donc, on s'est contenté en grande partie d'apposer des écussons Nissan à l'avant et à l'arrière. Et on a même conservé les phares de route à trois étages qui identifiaient le
Mitsubishi Outlander. Et on n'y perd pas au change puisque la carrosserie du Mitsubishi est passablement élégante. Toutefois, le remplacement de la calandre avant donne une certaine élégance à ce succédané.

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Dans l'habitacle, les changements sont presque nuls. Et ce n'est pas le fruit du hasard, puisque le Mitsubishi avait adopté la planche de bord du Rogue conventionnel. On se retrouve donc en pays de connaissances et on peut dire que dans l'ensemble, c'est assez abouti. Les commandes sont faciles d’utilisation tandis que l’écran d’affichage de 12,3 pouces devant le conducteur est programmable de plusieurs façons et sa consultation est aisée. L'écran tactile est de 9 pouces seulement, mais à première vue, on a l'impression que cet écran est beaucoup plus grand. On a fait appel à une astuce visuelle puisque plusieurs commandes sont placées en sa partie inférieure, ce qui donne l'impression qu'on a affaire à un écran beaucoup plus grand. Soulignons que sa gestion est relativement simple et la présentation est élégante.

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Nissan mets l'emphase sur le fait qu'il s'agit d'un VUS compact doté d'une troisième rangée de siège, tout comme le Outlander d'ailleurs. Cependant, cette banquette arrière ne peut recevoir que des enfants de taille moyenne ou servir à y remiser certains objets.
Et dans l’ensemble, la qualité des matériaux est bonne, toutcomme la finition.

Système polyvalent

Si on s'en tient aux données de base, on peut résumer le système de propulsion à un moteur thermique de 2,4 litres associé à deux moteurs électriques produisant un total de 248 chevaux et un couple de 332 livres-pieds. Mais cette motorisation se décline en plusieurs versions. Il y a bien entendu le mode entièrement électrique, avec une autonomie de 61 kilomètres selon le constructeur, mais de 66 kilomètres observés lors de notre essai. À ce moment, seuls les deux moteurs électriques alimentés par une batterie lithium Ion motorisent le véhicule. Il y a également le
système hybride en série, alors que la motorisation thermique sert de génératrice pour alimenter les batteries et fournir l'énergie nécessaire aux deux moteurs électriques. Il y a également le mode hybride parallèle, alors que les deux moteurs électriques et la motorisation thermique travaillent de
concert, tandis que l'électricité excédentaire est redirigée vers la batterie lithium-ion. Enfin, le conducteur, grâce à deux boutons placés sur la console, peut opter pour un mode électrique complet et le mode économie alors qu'on utilise le moteur à essence pour économiser la batterie. Et enfin, le mode recharge, alors que l'on peut rouler tout en rechargeant la batterie. Somme toute cette Nissan hybride ne manque pas de flexibilité.

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Et ce n'est que des modes de gestion de la motorisation. Au chapitre de la conduite, le pilote peut sélectionner sept modes: normal, sport, éco, asphalte, gravier, neige et boue. Bref, on a l'embarras du choix. Cependant, le Rogue PHEV ne possède pas de mode de recharge rapide. Seul un chargeur de type 2 peut être utilisé et une charge complète devrait prendre entre 6 et 7 heures.

Résultats positifs

Toute cette technologie devient transparente lorsqu'on prend le volant. En effet, il m'est arrivé parfois de prendre le volant d’un véhicule à la fiche technique reluisante, mais qui décevait au chapitre de la conduite. Cette fois-ci, et c'est vrai également pour le Mitsubishi, la conduite est positive, aussi bien en mode thermique qu'électrique ou hybride, selon le cas. En mode électrique,
bien entendu, en raison du couple élevé des moteurs électriques, les accélérations sont franches et incisives. Notamment, le rogue PHEV est environ une seconde plus rapide que la version thermique, puisqu'il faut un peu plus de 6 secondes pour boucler le 0-100 km/ heure, soit pratiquement une seconde de moins que la version thermique à moteur trois cylindres. En mode hybride, le passage entre l'électricité et le moteur à combustion interne se fait de façon indistincte. Et avant de l'oublier, il est également possible d'effectuer un certain niveau de freinage en levant le pied de l'accélérateur, mais moins incisif que sur un véhicule totalement électrique.

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Il est vrai que le poids de la batterie rend le véhicule légèrement moins agile, mais son centre de gravité plus bas offre une certaine stabilité additionnelle dans les virages, tandis que la direction s'est révélée précise. Et j’allais oublier, la suspension fait bon ménage avec les magnifiques routes du Québec absorbant les bosses et les taux avec aplomb.

Pile ou face ?

Mitsubishi ou Nissan ? Compte tenu que les deux véhicules sont pratiquement semblables, à quelques exceptions près, le choix n'est pas facile. D'autant plus que la Nissan est disponible uniquement dans la version la plus luxueuse, tandis que Mitsubishi propose différentes versions plus économiques. Côté performance, agrément de conduite et comportement routier, les deux sont
presque identiques, même si certains trouvent que le Mitsubishi a un très léger avantage, mais ce n'est pas un élément en mesure de vous faire prendre une décision.

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L'acheteur potentiel a peut-être une inclinaison en faveur de Nissan une compagnie possédant un plus grand réseau de concessionnaires et une plus grande visibilité, tandis que Mitsubishi propose une garantie plus étoffée et aussi la possibilité de commander un hybride rechargeable à moindre prix. La balle est dans votre camp. Mais il se peut que le plus grand nombre de concessionnaires Nissan qui pourraient être à proximité de votre domicile soit l'élément décideur.